Milan Wamsteker, directeur marketing Europe de Hyundai Heavy Industries Europe : « le marché européen est beaucoup plus exigeant en précision »

A l’occasion du salon INTERMAT, nous avons eu l’occasion de rencontrer le directeur marketing de Hyundai Heavy Industries Europe.

Nous en avons profité pour lui poser quelques questions que nous vous laissons découvrir.

Milan Wamsteker

MZ : Chez Hyundai, quel est le principal axe de développement de ses nouvelles machines ?

M.W : Nous avons travaillé sur le passage de la phase IIIB / Tier 4 interim au Stage IV / Tier 4 des moteurs.

Ce que nous avons fait n’est pas seulement de renouveler les moteurs de nos machines puisque tous les constructeurs se tournent vers les mêmes fournisseurs : Perkins, Cummins et Scania. Nous sommes allés plus loin et nous avons cherché à économiser l’énergie, notamment en économisant le carburant.

Prenons l’exemple d’une chargeuse sur pneus qui possède un moteur à combustion. Ce dernier fait deux choses: il transmet l’énergie nécessaire pour qu’un conducteur puisse conduire et il fournit de l’énergie au circuit hydraulique.

Si vous n’avez pas besoin d’énergie pour la transmission du moteur pour conduire et que vous avez besoin seulement d’alimenter le circuit hydraulique, nous voulons que seul le circuit hydraulique soit alimenté. Notre volonté est de faire en sorte de régler le moteur du système afin qu’il puisse être contrôlé pour réduire l’énergie consommée.

Aujourd’hui, Scania nous fournit les moteurs pour nos plus grandes machines. Sur la base de nos tests, nous avons déterminé que leurs moteurs livraient la meilleure puissance de sortie optimale à bas régime. C’est particulièrement important si vous prenez les chargeuses ou les pelleteuses.

Avec les pelleteuses, vous avez la pompe hydraulique qui est alimentée par le moteur et distribue la puissance à différents composants : les chenilles, les bras et les équipements. Si la pelleteuse est à l’arrêt et ne fait que de creuser, alors la chenille aura besoin de très peu d’énergie hydraulique. Comme les chenilles n’ont pas besoin de beaucoup puissance, on peut diminuer le régime du moteur.

Vous n’allez pas seulement économiser de l’énergie en économisant du carburant, mais vous allez être capable aussi de gérer la productivité de votre machine de manière plus intelligente.

MZ : Quelle est la différence entre le marché européen et le marché asiatique ? Quel est l’objectif de Hyundai en Europe ?

M.W : Le marché européen et le marché asiatique sont deux marchés très différents.

En Asie, comme les machines sont relativement chères, les opérateurs se partagent les machines entre eux alors qu’en Europe, cela se fait beaucoup moins. Cela signifie qu’en Asie la charge de travail journalière d’une machine est beaucoup plus élevée qu’en Europe.

De plus, le marché européen est beaucoup plus exigeant en précision. Les machines doivent être en mesure de travailler de façon très précise en raison des conditions strictes dans les zones urbaines. En Asie, ils ne le sont pas puisque ce travail de précision continue d’être fait manuellement.

C’est aussi pour cette raison que certaines machines sont plus populaires en Europe qu’en Asie. C’est par exemple le cas des mini pelles. Le travail de ces petites machines est relativement cher pour le marché asiatique et peut être remplacé manuellement par plusieurs travailleurs.

Ainsi pour nous, le marché européen nous sert de fil conducteur, puisqu’en répondant à la demande sur le marché européen, on répond aussi dans le futur à une demande asiatique.

MZ : Comment trouvez-vous la situation économique de l’industrie du bâtiment et des travaux publics ?

M.W : Nous sommes toujours en pleine crise financière et nos acheteurs n’ont pas les moyens de financer l’achat d’une nouvelle machine. En effet, les banques sont très réticents à accorder des prêts aux entreprises qui souhaitent renouveler leur machine. Particulièrement pour les petites et moyennes entreprises qui sont les plus touchées.

On remarque par ailleurs qu’il y a des grandes différences économiques entre les différents pays européens. Un exemple concret avec le Benelux. L’année dernière, le marché des équipements de construction a très bien marché en Belgique, mais pas du tout aux Pays-Bas.

Autre exemple, pour les pays scandinaves, il y a une grande disparité entre eux. En Suède et en Finlande, la situation est compliquée alors que le Danemark fournit les meilleures performances du marché.

Concernant le marché français, ce dernier se heurte contre des difficultés, notamment à cause d’un manque de réformes économiques.

En raison de ces différences, il est difficile à évaluer pour nous comme une société où nous devrions investir et comment nous pouvons mieux soutenir nos concessionnaires.

En Europe du Sud, c’est à dire en Espagne, en Italie et au Portugal, on lutte pour que nos concessionnaires survivent. Dans ces pays, on ne cherche pas à vendre beaucoup plus de machines, mais à faire des affaires avec nos acheteurs. Par exemple, on essaye de donner un délai supplémentaire pour le paiement, ou encore nous aidons également nos concessionnaires en achetant leurs invendus afin de réduire leurs dépenses.

Bien qu’il existe des signes précurseurs d’amélioration de la situation économique, il est encore trop tôt pour faire des prédictions précises.

J.C JUNG, CEO de Hyundai Heavy Industries Europe

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Edouard Ducroo

Community Manager pour le compte de la société MB Diffusion, je m'occupe du blog du site MachineryZone. J'y traite tous les sujets relatifs au monde du BTP; des informations sur les machines aux informations sur les constructeurs en passant par les actualités sur les différents salons organisés dans le secteur du BTP.